Hormis que les pesticides soient néfastes pour notre santé, ont-ils mauvais goût ? Une expérience conduite en 2017 et retranscrite dans l’ouvrage Le goût des pesticides dans le vin nous révèle la réponse.

Malgré les nombreuses études qui soulignent la dangerosité des pesticides pour notre santé, ces éléments chimiques restent utilisés dans la viticulture et se retrouvent de ce fait dans le vin que nous buvons. Mais quel goût ont-ils ?

L’ouvrage Le goût des pesticides dans le vin, co-écrit par Jérôme Douzelet et Gilles-Éric Séralini aux éditions Actes Sud (2017), nous fait part d’une expérience menée en avril 2017 qui avait pour but de mettre en évidence le goût des pesticides dans le vin. Ils ont ainsi réalisé 119 tests à l’aveugle auprès de 71 professionnels de la vigne et du vin et de la cuisine.

Le goût des pesticides dans le vin

L’expérience révèle une liste des pesticides présents dans les 16 couples de vin dégustés (chaque couple comprend un vin bio et un vin non bio du même terroir, des mêmes cépages et de la même année). L’expérience a ainsi détecté 13 pesticides dans ces vins et a invité les dégustateurs professionnels à boire ces différents pesticides séparément dilués dans de l’eau avec la même quantité présente dans le vin.

Voici les caractéristiques ressenties au nez et à la bouche décrites pour chaque pesticide :

  • Boscalide : « goût de chlore ou brûlant, évoquant le brûlé et descendant aux poumons. »
  • Cyprodinil : « assèchement, brûlure jusque dans la gorge, astringence, amertume. »
  • Dinéthomorphe : « odeur de carton et de chiffon, asséchant et piquant avec un effet de retard. »
  • Fenhexamide : « le plus caractéristique, le mieux détecté, avec une saveur de bonbon chimique, à la fraise, au caramel, de chocolat, de vanille chlorée, voire de carton. »
  • Folpet et phtalimide : « odeur d’alcool volatil, médicamenteuse, de même en bouche, assèche l’avant du palais, picotement léger en bout de langue. »
  • Glyphosate et AMPA : « asséchant fortement, brûlant, acide, âcre, calcaire au nez d’essence, menthol, bloquant les détections en bouche. »
  • Iprodiome : « sensation d’irritation, de brûlure, voire de Javel, acidité, vieux plastique, fumé, pneu brûlé, empâtement dans la bouche, goût de bois, voire de vanille. »
  • Iprovalicarbe : « goût légèrement astringent, comme de chlore ou de médicament chimique, voire léger goût de noix ou de moisissure. »
  • POEA : « assèchement et blocage des papilles, âpreté, pincement de gorge, et rarement fleur. »
  • Pyriméthanil : « terre, poussière, essence de pin, menthol (jusqu’à l’aspirine), Javel, lessive, aspect intense piquant. »
  • Roundup : « au nez, bois putréfié, faible odeur d’essence, volatile avec une sensation d’alcool à 90° ; assèchement de la bouche et de la langue, brûlures ou picotements, pinçant, amertume, sensations de lourdeurs avec des impuretés. »

Les quantités de pesticides dans le vin

En plus de nous donner une idée du goût des pesticides, l’ouvrage met également en évidence l’importante quantité de pesticides que l’on trouve dans certains vins non bio. Le vin dégusté qui contient le plus haut taux de pesticides vient d’Ardèche avec 1 144 microgr/l.

À l’opposé, deux vins déclarés non bio présentent un taux nul de pesticides : le premier vient de Bourgogne et le second vient de Loire. On est également surpris de découvrir qu’un vin dit bio de la région de Bordeaux présente des « traces » de pesticides (de folpet et phtalimide).

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